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lundi 5 novembre 2012

Le marathon de Yuzu : 2 . Le bilan initial




Bon soyons lucide, si les bookmakers existaient en France, ils ne trouveraient pas un abruti pour miser sur moi.

Contre :

- Je n'ai jamais couru plus d'une heure,

- Je m'ennuie mais fermement quand je cours,

- Ca me fait un mal de chien au dos même avec 2 oui j'ai bien dit 2 soutien-gorges adaptés l'un sur l'autre.

- je suis lourde et je n'ai aucune détente. Je suis taillée pour la lutte, la boxe ou le transport de tronc d'arbre. En gros, gros quand on a fait la distribution des physiques chez les russes Nathalia Vodianovna n'était pas partie pisser, alors que moi oui. Donc, je suis un cheval de trait au lieu d'être un hakal téké. Pour courir ce marathon, je vais devoir m'alléger sacrément.

- j'ai, depuis l'âge de 3 ans, une hanche droite qui est déformée, donc ça ne va pas m'aider.

Pour : 

- j'ai déjà 2 bonnes paires des chaussures de running et la tenue adaptée. Que je réserve pour l'instant au footing dominicaux

- je suis une bonne marcheuse.

- j'en ai vraiment besoin et pas que pour mon père.

- Après ça, je saurais vraiment si je veux, je peux.

- Je sais que je finirai sans doute détruite dehors, mais embellie dedans
A l'heure de ce bilan initial, les faits sont contre moi, la morale est pour.

Ça commence maintenant, afin d'être prête dans un an. 

dimanche 4 novembre 2012

Le marathon de Yuzu : 1. La décision

Je suis une coureuse à pied, très médiocre. C'est à dire que je connais la technique qui consiste à poser un pied devant l'autre, et de le faire le plus rapidement possible mais ça s'arrête là... Mes collègues ne manquent d'ailleurs pas de me le rappeler, aussi souvent que possible... Cela glisse sur moi comme sur les plumes d'un canard. Car, comme le disait un grand homme, mon père, " courir vite c'est bien, tirer bien c'est mieux". 

Seulement voilà depuis quelques temps, comme vous le savez, mon père est malade. C'était jusqu'à encore quelques années, un coureur à pied redoutable, un champion, un vrai. Il était spécialiste du cross, et des courses de demi fond. 




Son idole est Alain Mimoun, quand il était adolescent, il guettait ses entraînements dans les bois, puisqu'il étaient presque voisins. Je vous parlerai sans doute de ce grand homme, car si il fut le modèle de mon père, il mérite d'être celui de beaucoup d'autres.

Seulement voilà, mon père n'a jamais couru un marathon, tout en étant admiratif des marathoniens. Quand il est tombé malade, je me suis dis que je devais faire une chose énorme pour lui, l'idée s'est vite imposée à moi. Il faut que je cours un marathon. Il faut que je cours la course de mon père. 

Je suis une mauvaise coureuse. Je suis trop lourde. Je ne sais pas bien respirer. Mes seins feront souffrir le martyre à mon dos. Mais mon père mérite 42km et 125 mètres, devrais-je les faire sur les genoux. Vu les circonstances, il faut quelque chose de grand, d'immense. Ce sera ça.